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Le meilleur album de King Tubby.

Quelques albums se disputent ce titre honorifique mais pour plusieurs raisons, le King Tubbys Meets Rockers Uptown (Yard) est sans conteste le meilleur de tous... Notamment grâce à sa pochette extraordinaire à l'histoire compliquée.

Extrait du livre King Tubby - the Dub Master (DREAD Editions).

 

 

"Meets Rockers Uptown a quelque chose d’unique, que l’on ressent dès la somptueuse pochette, digne du label Blue Note ; surtout pour l’incorruptible authenticité qui s’en dégage. En la regardant, on entend déjà le son. Une telle pochette ne saurait mentir, elle renferme forcément quelque chose de vrai. Le portrait énigmatique de Pablo (signé du photographe américain Michael Scudder) nous parvient depuis une Jamaïque mystérieuse et ancestrale. Sur le mur du fond, une photo d’Haïlé Sélassié rappelle que l’esprit du Négus plane sur ce disque comme celui de Dieu sur les eaux bibliques du premier jour—pour les Rastas, le négus éthiopien est le messie réincarné, Dieu sur terre (voir Le Mouvement Ras Tafari) ; Pablo prendra d'ailleurs l’habitude de le créditer comme producteur sur tous ses disques. Et puis, il y a cet avertissement affiché au mur : If you have nothing to do, please don’t do it here! / Si tu n’as rien à faire, merci d’aller le faire ailleurs. Une pochette à part ; surtout celle du pressage jamaïcain, recouverte d'un voile rosé qui lui confère un air brut et étrange. Elle raconte encore une autre histoire ! Car Pablo a été forcé de la reproduire sauvagement : «J'avais donné l'album à des producteurs américains qui ne m'ont jamais payé (il parle du label Clocktower). Du coup, j'ai repris la pochette et j'ai, en quelque sorte, piraté mon propre disque. (...) Ce n'était pas vraiment du piratage mais en revanche, c'est vrai que je n'avais pas les négatifs de la pochette, j'ai du me servir de la leur. » (Natty Dread) On lit encore, dans un coin, Clocktower CT 085 Stereo. Au dos, peu d’informations en dehors du track listing, de la liste des musiciens (on y croise notamment les frères Barrett, la section rythmique de Bob Marley ; le fameux batteur Tin Leg n'est pas crédité mais assure a priori la batterie) et la mention Mixé au studio King Tubby. Les rythmiques sont enregistrées à Randy’s, sous la houlette d’Errol Thompson, crédité aux côtés de Tubby comme mixing engineer. Beth Lesser écrit : « Les riddims sont tous des Faces B de singles produits par Pablo entre 1972 et 1975, enregistrés avec Errol 'E.T' Thompson à Randy's. Mais les mix sont signés Tubby ; qui enrage de voir Errol T. crédité sur l'album. Errol a simplement été l'ingénieur lors de la session d'enregistrement des riddims, confiait Augustus Pablo. (...) Mais c'est bien Tubby qui a mixé les dubs. » Son chef d'œuvre. "

 

On revient bientôt sur la musique que contient cet écrin :

 

 

Le livre

 

 

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