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King Tubby's Essentials: King Everald...

 

King Everald est chanteur sous-exploité qui, au milieu des années 80, rejoint l’écurie de King Tubby. S’il fait la navette, comme la plupart des artistes, entre les deux producteurs concurrents de Waterhouse, King Jammy et King Tubby, c’est auprès de ce dernier qu’il ressent les vibrations les plus roots. Il lui offre d’ailleurs quelques-uns de ses meilleurs titres, dont le fameux Automatic, inspiré par une descente de police au 18 Dromilly Avenue !

 

 

 

Les relations entre Jammy et Tubby ne dégénèrent pas, mais s’avèrent apparemment assez tendues. Pour le premier, Everald enregistre l’un de ses meilleurs titres, le terrible I’ve Found Love sur un Tempo riddim dépouillé. L’artiste White Mice, transporté par la chanson, vient bientôt demander à Everald l’autorisation de la reprendre en changeant les paroles. « Il en a fait un titre Rasta, j’ai adoré ! nous confie-t-il. Je me suis dit : mais comment n’y ai-je pas pensé moi-même ? »

 

 

 

Everald plonge ses racines artistiques dans le dance hall, ces soirées terribles qu’il hante depuis toujours, sans pour autant verser dans la complaisance : « Et il joue franc-jeu : « Peu importe ce que te diront certains, le dance hall est depuis toujours un truc de criminels endurcis. Les bons citoyens ne traînaient pas la nuit, ne se retrouvaient pas dans des situations où ils se faisaient brutaliser par la police. Mais tu avais aussi des types comme moi, attirés par la musique, qui se retrouvaient plongés dans ce milieu de criminels. Le dance hall, c’est un 'hardcore violent rigid place.' Et c'est toujours le cas ! Les Jamaïcains ne veulent pas l’admettre, c’est pourtant la vérité. La culture dance hall est criminogène. J’en ai vu, des trucs en soirées ! J'y étais habitué mais je n’ai jamais aimé ça. »

 

La mort de Tubby, en 1989, le frappe doublement. D’un point de vue humain, il perd une sorte de mentor (et lui enregistre un vibrant hommage) ; professionnellement, il voit tous ses espoirs descendre au tombeau avec le producteur. Il n’a jamais réellement établi son nom à la hauteur de son talent et mérite une place bien plus prestigieuse. Vivant de sa musique et de dub plates, il nous a apporté, pour ce livre, son expertise acérée sur les sound systems ainsi que sur la « guerre des géants de Waterhouse » dans les années 80. Une rencontre marquante.

 

Plus de détails dans notre ouvrage :

 

 

 

 

 

 

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