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Fureur mensongère : les Blancs sont immortels...

June 20, 2019

 

Cette superbe illustration de Théodore de Bry (fin 16eme siècle) illustre l'une des anecdotes les plus incroyables de la découverte du Nouveau monde. Un jour, les Indiens décidèrent de vérifier si ces Européens qui semblaient invincibles étaient bien immortels. Pour cela, ils décidèrent de noyer "très gentiment" l'un d'entre eux, s'excusant plusieurs jours durant auprès de son cadavre. On n'est jamais trop prudent !

 

 

Dans l'ouvrage La Fureur mensongère (DREAD Editions), on recense les fables plus ou moins grossières engendrées par la découverte des Amériques. Absurdes, parfois loufoques, elles en disent long sur l'Homme et son aveuglement. Mais les Européens ne sont pas les seuls à y succomber. Confrontés à leurs armures et leurs armes à feu, les Indiens pensent les Européens immortels. Jusqu'à ce qu'ils décident d'en avoir le coeur net (extrait du livre) :

 

"Pour en savoir la vérité, écrit l'historien Gomara, un Cacique (ou chef indien) commanda à quelques-uns de ses serviteurs qu’en passant le fleuve de Guarabo,  ils jetassent un certain Espagnol nommé Salcede, qui était logé en sa maison, dans l’eau. »  L'historien Herrera le nomme Salcedo et le signale comme arrivant seul au village sur le parcours d’un périple non précisé. Le cacique accueille le Castillan, le régala et commanda à quinze ou vingt Indiens de l’accompagner et de porter son bagage. Sur la rive de la rivière de Guarabo, les Indiens proposent à l’Espagnol de le porter sur leurs épaules et le pauvre innocent tenant cela à grande courtoisie se laissa porter, reprend Herrera. Mais comme ils furent au milieu de l’eau, ils le laissèrent choir et se jetèrent sur lui, et ne s’en ôtèrent point qu’il ne fut noyé.

 

Les assassins portent leur victime inanimée sur le rivage mais ne savent trop à quoi s’en tenir et jouent de prudence en lui faisant entendre mille excuses : Seigneur Salcedo, pardonnez-nous car nous sommes tombés avec vous.  « Et disant cela, reprend l'historien Charlevoix, ils pleuraient comme s’ils eussent été les hommes du monde les plus affligés, et ne cessaient de tourner le cadavre et de le retourner, pour voir s’il ne donnerait pas quelque signe de vie. » Il n’en donne aucun. Trois jours durant, les Indiens restent autour du crevé, jusqu’à ce que le corps vint à sentir mauvais et à se corrompre. Le Cacique dubitatif vient se rendre compte sur place du résultat, contemple les chairs pourries et ose une conclusion courageuse : les Espagnols sont mortels ! Ainsi se détrompent-ils d'une croyance pernicieuse à leur lutte, ce qui leur donna le courage de s'associer ensemble, poursuit Gomara, et ils se rebellèrent et tuèrent plus de cent Espagnols. Leur insurrection met l’île à feu et à sang, laissant les villes espagnoles en cendres et quelques Européens en lambeaux. Malheureusement, malgré les farouches Caraïbes venus en renfort, les Indiens sont bientôt matés dans le sang par le terrible Diego de Salazar, secondé du célèbre Ponce de Leon. Car mortel ne veut pas dire facile à tuer. "

 

 

 

 

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